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Ispahân, ispahan, Isfahan, Esfahan

L'Iran, ses incontournables > Ispahan
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Ispahan ou Isfahan (en persan : اصفهان, Esfahān) est une ville d’Iran, capitale de la province d’Ispahan. Elle est située à 340 kilomètres au sud de la capitale, Téhéran. Troisième ville d’Iran en nombre d'habitants (après Téhéran et Mashhad) avec 2 031 324 habitants en septembre 2015, la zone métropolitaine d’Ispahan est un des centres majeurs de l’industrie et de l’enseignement en Iran.

Ispahan a été capitale de l'empire perse sous la dynastie des Safavides entre le xvie siècle et le xviiie siècle. La ville est bien irriguée et sa verdure offre un contraste bien particulier avec les étendues désertiques qui l’entourent. Les travaux entrepris sous le chah Abbas faisant d'Ispahan une vitrine de l'architecture et de l'art safavide extrêmement raffiné, ainsi que les nombreux monuments islamiques construits entre le xie et le xixe siècle, font d'Ispahan un des joyaux du Moyen-Orient.

La place Naghsh-e Jahan (en persan: میدان نقش جهان) est classée au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1988.
Toponymie

Le nom de la ville en vieux-perse était Aspadana, devenu Spahān ou Espahān en moyen-perse puis Esfahan après la conquête musulmane.

L’alphabet arabe ne possédant pas le son /p/, le nom de la ville est devenu Esfahan après la conquête par les arabes en 651. On trouve également des transcriptions telles qu'Isfahan ou Ispahan qui ont pour origine des accents différents.

« Esfahan Nesf-e Jahān » (en persan: اصفهان نصف جهان) est un jeu de mot sur son nom qui dit que cette ville est « la moitié du monde »

Géographie

Ispahan est située dans le centre de l’Iran, au cœur du plateau iranien (32° 40′ N, 51° 40′ E), à 1 574 mètres d’altitude, à l’est de la chaîne des Zagros. Ispahan a été fondée dans la plaine du Zayandeh rud (dont le nom signifie « rivière qui donne la vie »), au bord de ses rives. Ce site est une oasis au milieu de l’aride plateau iranien, à 340 kilomètres au sud de Téhéran.

Ispahan est située au centre des routes qui traversent l’Iran du Nord au Sud ou d’Est en Ouest, sur les routes commerciales entre la Chine et l’empire ottoman, et entre le golfe Persique et la Russie. Cette position stratégique économiquement parlant, la fertilité des terres entourant la ville, le climat — rendu plus frais par l’altitude — ainsi que la présence d’eau en abondance dans un pays aride ont été des éléments déterminants pour le développement et également pour le maintien de cette ville en tant que centre urbain qui a survécu à des cycles de prospérité et de déclin.


Hydrographie

Le Zayandeh rud, une des rares grandes rivières permanentes du plateau iranien, se jette dans un lac salé (lac Gavkhuni) dans le désert. Le bassin du Zayandeh rud s’étend jusqu’à 90 kilomètres au nord d’Ispahan et des vents frais soufflent depuis le nord et rafraîchissent le bassin. Ce bassin, qui couvre 41 500 km2 au centre de l’Iran, est rattaché à l’histoire d’Ispahan. En effet, la ville d’Ispahan est le centre de ce bassin. Cette position lui a partiellement donné son importance historique et économique dans l’histoire du pays. La ressource en eau de rivière a augmenté de 50 % (représentant 790 millions de m3) au cours des dernières années du xxe sièclegrâce à la construction de deux aqueducs qui conduisent l’eau du Kuhrang vers le Zayandeh rud.

Un réseau artificiel, dont les composants sont appelés madi, a été utilisé au moins depuis le xviie siècle pour fournir de l’eau aux habitants et aux cultures de la ville et de ses alentours. Dessiné par Sheikh Bahai, un ingénieur de chah Abbas, ce réseau comporte 77 madis sur la partie nord, et 71 sur la partie sud du Zayandeh rud. En 1993, ce réseau plusieurs fois centenaire fournit 91 % des besoins agricoles en eau, 4 % des besoins industriels, et 5 % des besoins de la ville.
D’après une étude conduite par des chercheurs iraniens, 35 % de ce réseau aurait été détruit avec la modernisation qu’a connue la ville depuis les années 1960.

Une partie de l’eau du Zayandeh rud a été détournée en 2001 en amont d’Ispahan, causant une nette baisse de niveau de la rivière dans la ville.

Climat

Le climat d’Ispahan et de la région qui l’entoure est semi-désertique avec une période de sécheresse s’étendant d’avril à novembre. Les précipitations moyennes annuelles sont de 130 millimètres, la plupart ayant lieu durant les mois d’hiver, entre décembre et avril, sous forme de neige ou de pluie. Durant l’été, il n’y a aucune précipitation. L’écart entre l’été et l’hiver est sensible, avec une moyenne de 30 °C en juillet et de 3 °C en janvier. L’évapotranspirationpotentielle annuelle est de 1 500 millimètres par an, rendant toute forme d’agriculture impossible sans irrigation.

Histoire

Période préislamique

La période à laquelle a été fondée Ispahan est encore incertaine, mais les historiens s’accordent à dire qu’au vu de sa situation privilégiée au centre du plateau iranien, la ville d’Ispahan serait un des premiers centres urbains établis sur le plateau iranien. Une ville nommée Gabe ou Aspadana, dont l’existence est attestée par des sources achéménides, pourrait être antérieure à Ispahan, mais cette hypothèse n’a pas été démontrée archéologiquement.

En revanche, il est admis qu’Ispahan était le centre d’une des provinces de l’Empire sassanide ; un siège militaire au centre de l’Empire et qui se serait appelé Aspahan, nom est attesté par des inscriptions sur des pièces sassanides datant du ive siècle.
Des informations sur la ville d’Ispahan à l'époque préislamique sont données par des historiens et géographes arabes des débuts de la période islamique. Ispahan consistait alors en deux sites peu éloignés : Jay ou Jayy, le siège des gouverneurs sassanides, et Yahoudiyeh (ou Yahudiyeh), la ville juive.

Alors que Jayy servait de centre administratif et militaire, Yahudiyeh accueillait les habitations du peuple. Un ensemble de villages prospère tout autour de Yahudiyeh dans l’oasis que formait cette zone (Yaran, Khushiinan, Karan, Televajgun, Khujan, Sunbulan, Ashicaban et Felfelan).

Un second satellite était situé à quatre kilomètres des premiers avec deux villages nommés Juzdan et Lublan.

La fondation de la ville de Jayy est sans aucun doute attribuable aux Sassanides. Heinse Gaube suggère que c’est Khosro Ier qui aurait fait construire des bâtiments à l’intérieur de l’enceinte fortifiée qui possédait des tours tous les quarante ou cinquante mètres ainsi que quatre portes situées sur la trajectoire saisonnière du soleil (nommées Khur, Isfis, Tir et Yahoudiyeh). La structure de Jayy, d’après les historiens arabes, comportait déjà une place centrale et un marché situé à proximité.

Le nom Yahoudiyeh a pour origine le peuplement juif de la ville. Son origine est plus ancienne que celle de Jay. Certaines sources disent que la ville aurait été fondée par une reine sassanide qui y aurait installé des familles juives.

D’après d’autres sources, la colonie juive daterait du temps de Nabuchodonozzor quand des Juifs se seraient installés dans un endroit appelé Ashkahan, qui est toujours le nom d’un des quartiers du vieil Ispahan.

Il est également très probable que l’empereur sassanide Shapur Ier ait déporté plusieurs milliers de familles juives depuis l’Arménie jusqu’à Ispahan vers 386 de notre ère, afin de pouvoir asseoir son pouvoir sur l’Arménie.

6 vidéos sur les monuments les importants d'Ispahan

Développement urbain de la période islamique

En 644, des troupes arabes originaires de Bassorah conquièrent aisément les centres urbains de Jay et de Yahudiyeh à Ispahan dont la défense était peu organisée. Des accords sont passés pour épargner la vie des habitants et sécuriser leurs possessions en échange du paiement d’un tribut. Les arabes installent alors une garnison à Jayy qui perd alors son importance politique.
Le gouverneur abbasside de la région établit son siège à Khāshinan à partir de 772, un des villages de la périphérie d’Ispahan situé à proximité de Yahudiyeh. C’est à cette époque que la première mosquée est construite. Peu après, l’extension de Khāshinan comme de Yahudiyeh conduit à leur réunion : la construction d’une Masjed-e Jomeh (« Mosquée du Vendredi ») est nécessaire et un bazar est établi à partir de 773.

En 935, les Bouyides, une dynastie musulmane d’origine iranienne, prennent Ispahan. Ils entreprennent la fortification de la ville pour en faire un centre politique de leur territoire : murs de fortifications à douze portes, mosquées, citadelle, bibliothèque et agrandissent le bazar. À cette époque, les différents quartiers de la ville fortifiée correspondent aux anciens villages de l’oasis d’Ispahan.

Au cours de l’invasion des Seldjoukides et des guerres qui s’ensuivent avec les Bouyides, Ispahan est détruite. La ville est prise par Toghrul-Beg au début du xie siècle. C’est Malik Chah qui reconstruit Ispahan et en fait sa capitale après son accession au pouvoir en 1073, remplaçant ainsi Ray à ce statut. Cette époque, sous l’impulsion de Nizam al-Mulk (le célèbre vizir de Malik Chah), est une période de grande prospérité pour la ville.

Les revenus de l’immense empire seldjoukide sont utilisés pour faire de la ville un centre artistique et scientifique important. Des écoles comme la Nizamiyyah ou la Ibni-Sinasont alors fondées et rayonnent dans la civilisation islamique ; Omar Khayyam dirige l’observatoire d’Ispahan à partir de 1074 et créé le calendrier persan qui est encore utilisé aujourd’hui.

La place centrale de la ville seldjoukide, nommée Meydān-e Kohneh (« place Kohneh » aussi appelée Meydān-e Qadim, « vieille place »), située à l’emplacement d’une grande place de l’époque pré-islamique, prend de l’importance et devient le centre de la ville, à proximité du bazar et de l’actuelle Masjed-e Jomeh (« Mosquée du Vendredi »). Les Seldjoukides embellissent la ville et quelques bâtiments de l’époque subsistent encore : en plus de la Mosquée du Vendredi, on peut citer les tombes de Malik Chah et de Nizam al-Mulk et les minarets Ali, Sareban, Paminar et Ziyar.
Ispahan est prise par les Mongols vers 1244, mais elle ne souffre pas de destructions. Elle garde son importance et son activité économique en conservant le statut de capitale régionale10.
Ispahan est mise à sac par Tamerlan en 1387. Celui-ci, au cours de ses conquêtes, rencontre de la résistance de la part de la ville qui se rebelle et refuse de payer le tribut qu’il veut imposer. En représailles, il ordonne à son armée de lui livrer les têtes de 70 000 Ispahanais avec lesquelles il fera construire une colonne faite de leurs crânes.

Ispahan, capitale de l’Iran des Safavides

Roi en 1588, Chah Abbās Ier s’intéresse rapidement à la ville, pour laquelle il ordonne dès 1590-91 l’édification d’un nouveau bazar et d’une grande place. Isfahan est alors un lieu "pour la récréation, spécialement la chasse". Il finit par déplacer en 1597-1598 la capitale de Qazvin à Ispahan, préférant un emplacement moins exposé aux menaces de l’empire Ottoman et également plus central dans l’Iran unifié par son ancêtre Ismail Ier, premier roi safavide qui a décidé la conversion de l’Iran au chiisme duodécimain.

Ispahan a alors perdu tout l’éclat qu’elle avait connu à l’époque Seldjoukide, ne s’étant jamais relevée des dévastations commises par Tamerlanquelques siècles auparavant. Chah Abbās, administrateur énergique, prend en main le développement de la ville. Il commence par déplacer de force plusieurs milliers d’Arméniens depuis Jolfa au Nord-Ouest de l’Iran où ils étaient harcelés par les Turcs ottomans, et les installe dans un quartier de l’autre côté du Zayandeh Rud, les autorisant à construire leurs églises et comptant se servir de leurs talents de négociants.
C’est le roi lui-même qui planifie l’urbanisme de sa nouvelle capitale, en s’inspirant peut-être de la ville de Herat, alors encore centre culturel de l’Iran (ville se trouvant aujourd’hui en Afghanistan). Chah Abbas veut faire de la capitale un centre culturel qui éblouira les voyageurs occidentaux (c’est en effet à l’époque safavide que se sont développés les liens diplomatiques avec les pays occidentaux).

Chah Abbas, en planifiant la ville, conserve les éléments existants et les intègre à son projet d’ensemble. De la meydān-e kohneh (qui sera appelée meydān-e qadim — « vieille place » par la suite), il reprend les fonctions principales dans la place qu’il crée, meydān-e chah (« place du roi »), à proximité d’un ancien jardin de l’époque seldjoukide qui portait le nom de Naghsh-e Jahān (« carte du monde » ; la place est d’ailleurs appelée indifféremment meydān-e chah ou meydān-e Naghsh-e Jahān).

Cette nouvelle place, mesurant 510 mètres de long sur 164 mètres de large, est entourée des bâtiments fonctionnels qui existaient autour de l’ancienne place centrale :

      • deux mosquées (Masjed-e chah au sud et Masjed-e Sheikh Lotfollah à l’est)
      • un palais à l’ouest, le Naqsh-e Jahan, ouvert par le pavillon Ali Qapu
      • une entrée vers le bazar (entrée appelée qeysariyyeh), qui est agrandi pour arriver jusqu’à l’extrémité nord de la place.
      • Autour de la place sont construits des magasins sur deux étages sur tout l’espace laissé libre entre les bâtiments, entouré d’un passage couvert comme dans les bazars
      • L’aile occidentale est consacrée aux entrepôts fournissant les magasins royaux (biens de luxe, or et bijoux)
      • L’aile sud est consacrée aux libraires, relieurs et marchands de cuir.
      • Les marchands d’artisanat se concentrent dans l’aile est
      • L’aile nord accueille les lieux publics (cafés et hôtels).

La zone située à l’ouest du nouveau meydān rassemble les palais royaux. Une large avenue plantée d’arbres (majoritairement des platanes et des peupliers), le Chāhār Bāgh (« quatre jardins ») est créée à l’ouest des palais, orientée vers le sud-est en direction de la rivière Zayandeh roud. Cette avenue d’apparat, longue d’environ 1 600 mètres, débute à la place nommée Jahān Nāmeh (« Vue sur le monde ») ; elle est bordée de palais et de résidences royales ou appartenant à des membres de la cour, se prolonge jusqu’au pont Allahverdi Khan et au-delà de la rivière jusqu’aux jardins appelés Bāgh Hezār jarib, construits sur un carré de 116 mètres de côté environ. Le boulevard était alors bordé de chaque côté par des jardins clos rectangulaires, appelés « Jardins des Vizirs », de taille équivalente et d’une profondeur par rapport au boulevard d’environ 180 mètres. Ces jardins étaient possédés par des membres éminents de la cour et avaient tous un pavillon en leur centre. Toutes ces créations ont été organisées par Chah Abbas selon un urbanisme considéré comme « rigoureux et autoritaire » par Henri Stierlin.

Dans le quart nord-ouest de la ville nouvellement créée, de nouveaux quartiers voient le jour selon une trame composée de grands ilôts rectangulaires. De l’autre côté de la rivière, dans le quartier appelé la nouvelle Jolfa, les Arméniens établissent leur quartier selon une trame souple qui laisse de l’espace aux jardins, aux vignes et aux champs de blé et de pavot (les Arméniens qui étaient chrétiens ne pouvaient pas habiter la ville et étaient les seuls autorisés à produire de l’alcool). Dans le quart sud de la ville s’établit la minorité zoroastrienne de la ville. Autour de la vieille ville médiévale, les faubourgs s’étendent de manière beaucoup plus informell. Le remodelage complet de la ville permet alors de distinguer le « vieil Ispahan » et ses ruelles tortueuses du « nouvel Ispahan ». Stierlin dit d’ailleurs d’Ispahan que c’est une « création artificielle d’un monarque épris de beauté qui sut manier ses desseins grandioses avec les données préexistantes ».

Ispahan devient, à partir du règne de Chah Abbas Ier, la métropole des arts et des sciences islamiques et le centre de la culture spirituelle en Iran. Tous les penseurs iraniens de la renaissance Safavide qui apparaissent à cette époque sont ainsi regroupés sous l’appellation d’« École d’Ispahan ». Des philosophes comme Mir Dāmād, Molla Sadra Shirazi, Rajab ’Ali Tabrizi, ou encore Qazi Sa’id Qommicomptent parmi les penseurs influents représentant cette « école ».

Au cours du xviie siècle, Ispahan, appelée Nesf-e Jahān (« la moitié du Monde ») par les Persans, compte, d’après les voyageurs de l’époque, plus de six cent mille habitants et est sans doute une des plus belles villes du monde.

Les souverains safavides qui succèdent à Chah Abbas continuent d’embellir la ville. Le pavillon Hasht Behesht (« des huit paradis ») est construit par Chah Suleyman en 1670, la Madreseh de Chah Soltan Hossein est construite au début du xviiie siècle. La ville comptera jusqu’à 162 mosquées, 48 écoles coraniques, 182 caravansérails et 173 bains publics à la fin du xviie siècle, à la veille de l’invasion afghane.

De la capitale détruite à la modernisation

La capitale des Safavides a toujours été considérée par ses contemporains comme une ville à l’image du paradis ; comme l’en attestent les nombreuses références iconographiques et textuelles.

Pendant les dernières années du règne de Chah Soltan Hossein, les Afghans se révoltent contre son cousin, gouverneur de Kaboul. Après avoir tué celui-ci, les Afghans font le siège d’Ispahan qu’ils prennent en 1722. La ville est alors partiellement détruite et cesse d’être la capitale de l’Iran à partir de cette époque. La population diminue alors très fortement. Lorsque le comte de Gobineau visite la Perse au milieu du xixe siècle, il écrit que la ville ne contient plus que cinquante à soixante mille habitants et que « les ruines y abondent, et des quartiers entiers ne montrent que des maisons et des bazars écroulés ».

La ville est cependant toujours couverte de jardins à l’époque qadjare et elle est toujours comparée au paradis. La métaphore de khold-e barin/khuld-i barin ou khold-e paikar (« le paradis le plus haut ») est utilisée à cette époque pour désigner Ispahan. Cette expression a été utilisée par Rostam al Hukama, chroniqueur natif d’Ispahan, qui désigne Ispahan comme égale au khold-e barin à l’époque de sa conquête par Agha Mohammad à la fin du xviiie siècle.

À l’époque qadjare, Ispahan est le siège du gouverneur de la province : le plus célèbre est Zell-e Soltan, un des fils de Nasseredin Chah. Zell-e Soltan (« l’ombre du Roi ») restera gouverneur d’Ispahan de 1874 à la révolution constitutionnelle. Le gouverneur règne durement sur la province d’Ispahan (il est également gouverneur du Fars et de Mazandaran jusqu’en 1888) et la ville est en proie à des troubles, soit à cause de la condition économique du pays, soit à cause de luttes entre les oulémas et le prince pour s'assurer du pouvoir en ville. Ispahan connaît par exemple la famine en 1869-1872. Ispahan étant également une ville où la population baha’ie est importante après 1874, la politique de persécution des baha’is par les oulémas chiites et le gouvernement fait également partie des troubles que connaît la ville : un soulèvement baha’i a lieu en 1874, des pogroms dirigés contre ceux-ci sont organisés en 1903. L'état de décrépitude de la ville est décrit par Jane Dieulafoy dans les années 1880 pour les lecteurs francophones. La ville d’Ispahan, tout au long de l’époque qadjare, reste cependant une ville provinciale importante comme en atteste son importance économique ou artistique. En 1891, un consulat général du Royaume-Uni est ouvert à Ispahan.

La ville d’Ispahan et sa région sont impliquées dans la révolution constitutionnelle de l’Iran. Déjà, avant la révolution elle-même, des manifestations de marchands ispahanais ont lieu dans la ville entre 1900 et 1905. En 1906, après la création du Parlement iranien, le Conseil provincial d’Ispahan est fondé, siégeant périodiquement dans la ville. Initialement appelé Andjoman-e moqaddas-e melli-ye Esfahān (« Conseil national sacré d’Ispahan »), son nom devient Andjoman-e velāyati-ye Esfahān (« Conseil provincial d’Ispahan »). Son objectif est alors de consolider les premiers acquis de la révolution constitutionnelle et d’œuvrer pour la ville et l’économie de la région. Le 5 janvier 1909, en pleine révolution constitutionnelle, les Bakhtiaris s'emparent de la ville avec un groupe de mille hommes conduits par Samsam os-Saltaneh. Ce coup de force de la part des Bakhtiaris, qui se sont rangés du côté des constitutionnalistes, vise à assurer que leurs voix seront mieux entendues au sein du gouvernement central. La prise de pouvoir par les forces tribales dans les provinces iraniennes force les Britanniques à envoyer des troupes à Ispahan en 1910–1911.

Après la Convention anglo-russe de 1907, Ispahan est affectée à la zone d’influence russe. En 1916, à la suite des troubles politiques qui suivent la révolution constitutionnelle, Sir Percy Sykes, à la tête des South Persia Rifles, organise un défilé militaire conjoint avec les troupes russes sur la place Royale afin de montrer l’alliance entre les deux puissances qui soutiennent le pouvoir royal en Perse.

Après la prise de pouvoir de Reza Chah en 1925 et son programme de modernisation de l’Iran, une trame de larges boulevards est construite à Ispahan comme dans toutes les grandes villes d’Iran dans cette période. Ces boulevards sont percés à travers le tissu urbain existant. La ville et sa région souffrent une nouvelle fois de la famine en 1929–1930 à cause d’un hiver très rigoureux.

La ville s'industrialise dans les années 1930 : des usines de papier, de ciment et de sucre sont construites avec l’assistance technique allemande. Les usines (textile par exemple) sont construites sur l’emplacement de jardins safavides sur Chāhār bāgh-e Bālā, du côté sud du Zayandeh Roud.

Les premiers plans d’urbanisation sont mis en place dans les années 1950–1960 dans tout l’Iran. Le besoin de construire des routes de manière planifiée se fait alors fortement ressentir car la circulation automobile a beaucoup augmenté. Sous le troisième plan de développement du pays (1962-1968), un plan général d’urbanisation d’Ispahan est mis au point par l’architecte français Eugène Beaudouin et Organic Consultants (une société iranienne) selon des méthodologies occidentales. Ce plan vise à rationaliser le réseau routier, l’utilisation du sol et la hauteur des bâtiments. Il prévoit de construire un réseau de rues et d’avenues rectangulaires sans aucune considération pour le patrimoine architectural. Ce plan prévoit également de doter chaque bloc d’un centre résidentiel et d’espace pour des écoles. À part les axes routiers majeurs, ce plan ne sera pas réalisé complètement. Un autre plan d’urbanisation a été réalisé dans les années 1980 par Naqsh-e Jahan Pars Consultants ; celui-ci visait à mieux respecter la structure historique de la ville.

Depuis la seconde moitié du xxe siècle, la ville d’Ispahan a vu sa population augmenter fortement et a absorbé les villes et villages de l’oasis pour former une métropole de plus de 1 600 000 habitants.

Trois villes ont été bâties autour d’Ispahan depuis la révolution iranienne :

        1. Baharestan, conçue pour 500 000 habitants
        2. Madjlessi, conçue pour 300 000 habitants
        3. Foulad Shahr, conçue pour les ouvriers de deux grandes usines situées en banlieue d’Ispahan.

Démographie

D’après les récits des voyageurs occidentaux au xviie siècle, Ispahan était la ville la plus peuplée d’Iran avec des estimations entre 200 000 et 500 000 habitants. Le premier recensement officiel de la population d’Ispahan a eu lieu en 1870 et donne une population de 76 000 habitants. Le recensement suivant, considéré comme plus fiable, donne une population de 204 000 habitants. Les données sont considérées comme fiables par H. Zanjani à partir du recensement de 1956. Les chiffres recueillis lors des recensements décennaux montrent une multiplication par cinq de la population entre 1956 et 1996.

Les Arméniens d’Ispahan

De 1603 à 1605, durant la campagne de chah Abbas Ier en Azerbaïdjan en guerre contre l’empire Ottoman, le souverain perse adopte une politique de la « terre brûlée » pour empêcher l’avancée de l’ennemi. Par ailleurs, il décide de déplacer les populations des régions et villes qu’il traverse. C’est ainsi que des Géorgiens et des Arméniens (au moins 75 000) sont forcés de migrer vers le sud-est. Trois à six mille familles arméniennes qui ont survécu à la déportation s’installent à La Nouvelle-Djoulfa (arménien : Նոր Ջուղա), sur la rive sud du Zayandeh roud. Le quartier arménien est nommé ainsi en mémoire de la ville de Jolfa d’où un très grand nombre des déportés étaient originaires.

Dans ce faubourg, au Sud de la rivière Zayandeh-Rud, ils vivent en quasi-autonomie et participent efficacement au développement de leur nouvelle ville. En édifiant églises, écoles et scriptoriums, en créant une imprimerie, un lieu de théâtre, ils maintiennent harmonieusement leur identité chrétienne et culturelle en terre islamique.

La Nouvelle-Djoulfa abrite encore aujourd’hui treize églises arméniennes dont la plus connue est la cathédrale Saint-Sauveur de l'Église apostolique arménienne, nommée Kelisa-e Vank en persan, siège de l'évêque de la ville dépendant du Catholicossat arménien de Cilicie.

Ispahan est aussi le siège d’une éparchie de l’église catholique arménienne appelée Eparchia Hispahanensis Armenorum, érigée le 30 avril 1850 et regroupant quelques paroisses.

Un certain nombre d’Arméniens a émigré dans les années 1980–1990 à la suite de la révolution iranienne de 1979. Ils seraient aujourd’hui minoritaires dans ce quartier, qui garde toutefois son caractère particulier dans la ville d’Ispahan.

Autres minorités ethniques et religieuses

Ispahan est également le siège d’un archidiocèse catholique depuis le . Cet archidiocèse catholique était avant 1910 un diocèse, appelé Hispahanensis Latinorum, qui avait été fondé en 1629. Il compte 6 paroisses en 2013.

      • Il demeure une communauté juive à Ispahan, mais elle s’est fortement réduite : alors qu’elle comptait dix mille membres en 1948 (dont la majorité a émigré en Israël), cet effectif est passé de trois mille personnes à la veille de la révolution iranienne à mille cinq-cents en 2003.
      • La présence ancienne du Zoroastrisme est attestée par le Temple du feu d'Ispahan.
      • Les Bakhtiaris, tribu de langue iranienne du Sud-Ouest de l’Iran, se sont fixés en partie à Ispahan.

L’urbanisme d’Ispahan, un aspect bien spécifique

Henri Stierlin rappelle dans l’introduction de l’ouvrage Maisons d’Ispahan que l’aspect spécifique d’Ispahan tient à une série de particularités qui ont frappé les visiteurs occidentaux du xviiie siècle et du xixe siècle. En effet, les voyageurs occidentaux tels Jean-Baptiste Tavernier, Jean Chardin, Joseph Arthur de Gobineau, Pascal Coste, Eugène Flandin ou encore Pierre Loti sont tous frappés par cette ville noyée de verdure et bien irriguée qui s’élève au milieu d’étendues désertiques.

Une cité jardin et une continuité architecturale particulière

À Ispahan comme dans de nombreuses villes d’Iran, l’architecture vernaculaire est à base de torchis et de briques. Les maisons sont toutes des habitations individuelles, à toiture en terrasse, sur un voire deux étages et s’inscrivant dans un tissu urbain continu. Toutes les maisons sont construites selon le même plan : les pièces d’habitation entourent un espace à ciel ouvert et sont elles-mêmes entourées de hauts murs, seule une petite porte extérieure autorisant l’accès à l’intimité familiale. L’espace central à ciel ouvert qu’est la cour intérieure relève d’usages préhistoriques au Proche et au Moyen-Orient qui se retrouvent d’ailleurs dans l’atrium romain. À Ispahan, ces cours étaient irriguées par un système complexe de canaux situés dans la rue qui permettait de cultiver plantes et arbres apportant de l’ombre et de la fraîcheur durant l’été. C’est à ces arbres cultivés dans toutes les cours qu’Ispahan doit son aspect de « forêt », de cité-jardin. Toutes les maisons sont disposées selon une trame relativement régulière, tranchant avec l’aspect anarchique du bazar pourtant considéré comme la « colonne vertébrale » de la ville.

Les quartiers royaux d’Ispahan, les quartiers d’habitation, l’organisation du bazar en différentes parties dédiées à certains artisanats ou à certains commerces donnent une impression d’agglomération à taille humaine.

Stierlin évoque également une continuité architecturale entre la cour des maisons faisant office de jardin intérieur et le concept iranien de mosquée à cour : un bassin central polarise l’espace et l’élément floral recouvre les parois. Ces éléments floraux peuvent être réels (comme les arbres dans les cours intérieures des maisons) ou figurés (comme le sont les arbres et les fleurs représentés sur les kāshi, les céramiques qui recouvrent les parois des mosquées). Le principe de la cour est récurrent dans l’architecture islamique. On retrouve en effet les cours dans les caravansérails, dans les écoles ou madresehet dans les centres de négoces et marchés possédant leurs entrepôts.

Ispahan, une image du paradis ?

Selon Henri Stierlin, Chah Abbas a agi en chiite duodécimain convaincu, en cherchant à faire ressembler la capitale aux cités du paradis mentionnées dans le Coran ou dans les textes des mystiques persans. Stierlin a consacré un livre à l’étude de cette inspiration : Ispahan : image du paradis. Il pense de manière plus générale que la renaissance safavide a permis de donner corps aux spéculations des philosophes et mystiques de l’école chiite duodécimaine.

Le symbolisme est important dans les constructions de la ville, par exemple dans la mosquée du chah où l’usage du chiffre douze rappelle les douze imams des duodécimains. Les préoccupations des bâtisseurs persans dépassent les considérations esthétiques et se situent dans une perspective de conscience et de connaissance. Les dimensions de la mosquée du chah sont basées par exemple sur celles du bassin central comme si l’eau était la source de vie de l’édifice. La cour de la mosquée semble mettre en relation le croyant avec la divinité : c’est une salle dont la coupole se présente comme la voûte céleste. L’ornementation de faïence est toujours disposée sur les parois des bâtiments comme si ceux-ci étaient des boîtes, brutes au dehors, mais formant un écrin précieux au dedans. Les cours des maisons ou des mosquées, avec les céramiques représentant des arbres et plus généralement la nature, sont aménagés comme des jardins symbolisant le paradis. Les iwans des mosquées sont conçus comme des grottes, souvent décorées en bleu et parfois remplies de stalactites. Stierlin pense que la représentation de l’iwan est celle d’une grotte artificielle qui doit conduire à la source de vie, à la porte du ciel. Les décors des dômes des mosquées et des madreseh sont des arbres à la houpe verte et comparables à l’arbre de vie oriental.

Les interprétations de Stierlin sont corroborées par les travaux d’Henry Corbin sur la théosophie chiite. Les « cités d’émeraude », auxquelles peut être comparée Ispahan, sont considérées par les mystiques chiites (Tabari, repris par Sohrawardi ou Sheikh Ahmad Ahsā’i) comme la frontière avec l’autre monde. Le symbolisme de l’arbre Tubā et celui du miroir (symbolisés par les décors de céramique ou les plans d’eau dans les bâtiments d’Ispahan de l’époque Safavide) sont également utilisés dans la philosophie chiite.

Une architecture menacée

La ville nouvelle de Baharestan, à proximité d’Ispahan.

L’aspect spécifique de l’urbanisme d’Ispahan se trouve menacé par la modernité. En effet, les modes de vie traditionnels sont contrariés par l’apparition de critères architecturaux modernes. Ainsi l’arrivée de l’électricité en permettant la climatisation, a perturbé les comportements comme l’habitude de dormir sur les toits en terrasses à la belle saison. De plus, les critères économiques modernes essaient de rationaliser l’espace : les maisons traditionnelles (avec cour) nécessitent en effet un espace conséquent, qui s’il est utilisé pour la construction d’un immeuble permet de loger plusieurs familles.

De même, l’eau courante a été fatale aux réseaux hydrauliques traditionnels et par conséquent aux jardins intérieurs et à l’aspect verdoyant de la ville. La brique, un des meilleurs régulateurs thermiques naturels, a été remplacée par le béton, sous la pression de la rationalisation économique.

L’absence de lois de protection de l’architecture traditionnelle, de décisions publiques et le peu de moyens alloués à la protection des zones sensibles de la ville mettent en danger cette forme d’urbanisme particulier d’Ispahan. La protection de la place Naghsh-e Jahan depuis 1988 et son accession au statut de patrimoine mondial de l’humanité ne suffisent pas à préserver l’architecture vernaculaire traditionnelle, pourtant très adaptée aux conditions de vie dans cette région, tant aux chaleurs extrêmes de l’été et qu’aux rigueurs de l’hiver.

Économie

Vue d’un magasin de textiles imprimés à la main à Ispahan. L’industrie textile a été un des piliers de l’industrialisation de la ville.

Ispahan est située au croisement des routes qui traversent l’Iran du Nord au Sud ou d’Est en Ouest, les routes commerciales entre la Chine, l’Inde et l’empire ottoman (dont la route de la soie) et entre le golfe Persique et la Russie. L’établissement d’un monopole royal sur les biens d’exportation à l’époque safavide renforcera encore la dimension internationale de la capitale iranienne de l’époque. Au xviie siècle, Ispahan est d’ailleurs le premier lieu d’accueil de la diaspora indienne qui compte entre 10 et 15 000 marchands dans cette ville.

Depuis la renaissance safavide, Ispahan a acquis une importance économique en Iran. La situation de la ville au milieu d’une oasis a permis à ce secteur de disposer d’une agriculture irriguée, encore facilitée par les travaux de canalisation entrepris par Shah Abbas Ier. Les artisans ont toujours produit des articles et ustensiles utiles aux populations, mais l’établissement de la capitale des safavides à Ispahan, ainsi que le rayonnement culturel de la ville, a permis de créer une industrie du luxe à cette époque : joaillerie, textiles, tapis, objets décoratifs et manuscrits ont été produits en abondance à l’époque safavide. Cette activité manufacturière d’Ispahan a perduré jusqu’à l’époque qajar.

L’opium (en persan : ﺍﻓﻴﻮﻥ, Afyun) est une source importante de revenu d’Ispahan à partir de 1850 une fois importées d’Inde les techniques de production d’opium à grande échelle. La production de cette région était si importante pour l’Iran que la culture de l’opium a survécu au premier décret ministériel de 1938 interdisant la production dans la quasi-totalité des provinces d’Iran, à l’exception des provinces d’Ispahan et du Fars, les deux principales régions productrices. Pourtant cette production s’arrêtera avec l’interdiction du commerce de l’opium dans tout l’Iran en 1946.

Industrie et haute technologie

L’industrialisation d’Ispahan date de la période Pahlavi comme dans tout l’Iran, et a été marquée par la forte croissance à cette époque de l’industrie textile ; ce qui a valu à la ville le surnom de « Manchester de la Perse ». À la fin des années 1930, les usines textiles emploient plus de 5 300 ouvriers. Cette forte croissance a suivi le boom des années 1953–1959 en Iran et a donné lieu à l’expansion de l’industrie du textile d’Ispahan et d’autres usines privées produisant des biens de consommation pour le marché local et national. Pendant la révolution blanche, Ispahan devient un centre industriel majeur avec l’implantation d’une grande aciérie, de cimenteries, d’usines sucrières, d’une raffinerie de pétrole et d’industries pétrochimiques et de la défense.


Depuis les années 1990 et la création d’une industrie sidérurgique importante en Iran dans le cadre d’une nouvelle stratégie d’industrialisation nationale, Ispahan accueille une industrie de l’acier parmi les plus importantes d’Iran (Mobarakeh (dans la province d’Ispahan) et à Ahvaz). La production de l’aciérie d’Ispahan (Isfahan Steel Co.) était de 3,6 millions de tonnes en 2005, auxquelles il faut ajouter les 700 000 tonnes produites par le Saba Steel Complex situé à proximité de la ville. L’économie d’Ispahan produit aussi 710 000 tonnes de ciment par an ainsi que de l’essence puisque la ville accueille l’une des six raffineries de pétrole du pays.

Centre de technologie nucléaire d’Ispahan

Mis en place en 1982, le centre de technologie nucléaire d’Ispahan est un site de recherche nucléaire qui gère actuellement quatre petits réacteurs nucléaires de recherche, fournis par la Chine. Il est supervisé par l’Organisation de l'énergie atomique d'Iran.

Le site de raffinage de l'uranium d’Ispahan convertit de l’uranium concentré sous la forme de yellowcake (uranium concentré sous la forme U3O8) en hexafluorure d’uranium (UF6) qui est ensuite enrichi à Natanz ou Fordow. Fin octobre 2004, le site est opérationnel à 70 % avec 21 ateliers sur 24 en fonctionnement.

Il existe aussi non loin la Zirconium Production Plant (ZPP), une usine de production de zirconium, alliage nécessaire pour assembler le combustible nucléaire dans les réacteurs nucléaires. Ces deux sites participent au programme nucléaire iranien.

Ispahan accueille également la Fuel Manufacturing Plant (FMP) qui assemble du combustible nucléaire pour le réacteur de recherche IR-40 situé à Arak.

Ispahan accueille enfin le siège de HESA (Compagnie industrielle de production d’avions d’Iran) qui produit le IR. AN-140, une production de l’Antonov An-140 sous licence.



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